Scoliose et chiropraxie

La scoliose est une déformation de la colonne vertébrale qui peut parfois être difficile à repérer ou être confondue avec d’autres problèmes posturaux.

Dans cet article, nous examinerons les différentes démarches pour bien comprendre cette pathologie.

Nous aborderons les méthodes de détection de la scoliose ainsi que les moyens de soulager les symptômes qui y sont associés. L’objectif est d’apporter une meilleure compréhension de son évolution, de ses conséquences, et les solutions disponibles pour améliorer la qualité de vie des personnes concernées.

Qu'est ce qu'une scoliose ?

Scoliose : Déformation de la colonne vertébrale

La scoliose est une déformation de la colonne vertébrale d'un point de vue tridimentionnelle.  Elle prend généralement la forme d’une courbure latérale en ou en C, accompagnée d’une rotation des vertèbres. La scoliose peut se manifester à tout âge, mais la forme la plus courante (idiopathique)  apparaît chez entre 10 et 15 ans. Le diagnostic de la scoliose est établi à l’aide d’une télémétrie, qui est un type de radiographie permettant de mesurer précisément l’ampleur et la forme de la courbure.

Il est important de noter que toutes les déviations de la colonne vertébrale ne sont pas des scolioses définitives.

Il existe différentes type de scoliose, on distingue :

- les scolioses permanentes, qui correspondent à une déformation structurelle et irréversible de la colonne avec rotation vertébrale,

- des scolioses réversibles, dites scolioses fonctionnelles qui peuvent se corriger en fonction de certains facteurs.

L’attitude scoliotique, quant à elle, désigne une posture courbée sans déformation osseuse, qui peut disparaître en corrigeant la cause sous-jacente. Identifier ces différences est essentiel pour adapter la prise en charge et éviter les confusions.

Comprendre les différents types de Scoliose

La scoliose idiopathique

C'est la forme la plus courante de scoliose, représentant environ 80 % des cas. On parle de scoliose "idiopathique" car sa cause est inconnue. Elle apparaît généralement pendant la croissance.

Ce type de scoliose se diagnostique grâce à la télémétrie, où l'on peut apprécier la rotation vertébrale et où l'on peut mesurer un angle de Cobb supérieur à 10° . (Ceci corresponde à l'angle de courbure de la déformation.)

Les fausses scolioses :

La scoliose fonctionnelle et attitude scoliotique

Contrairement aux autres scolioses, la scoliose fonctionnelle n'est pas considérer comme une vrai déformation structurelle de la colonne vertébrale mais plus comme une déviation. Elle ne présente donc pas de rotation vertébrale. La déviation n'est fixe.

Elle est généralement causée par un déséquilibre externes, comme :

  • Des mauvaise posture prolongée
  • différence de longueur de jambe
  • sport asymétrique
  • Une douleur réflexe (ex : hernie discale, contractures musculaires)...

Elle peut donc être diminué lorsque la cause sous-jacente est corrigée. 

ATTENTION : il est important de noter que les scolioses fonctionnelles si elles sont évolutives peut se transformer en scoliose idiopathique (2)

La scoliose congénitale

Ce type de scoliose est induite par malformation présente dès la naissance. Comme une vertèbre mal formées ou des vertèbres fusionnées, entraînant une déviation progressive de la colonne vertébrale.

Un suivi précoce est indispensable car elle peut être associée à d'autres anomalies embryonnaires (cardiaques ou rénales...) Ce type d'anomalie associées sont présentes dans 38,8% des cas. (1)

 

La scoliose dégénérative

Elle touche principalement les personnes adultes voir âgées. Elle est généralement induite par une usure des structures vertébrales (tassement vertébraux, insuffisance discales, arthrose facettaire...) et par l'évolution d'une blessure ou d'une opération (pose d'une prothèse de hanche...)

On retrouve généralement des douleurs du rachis ainsi que une diminution importante de la mobilité.(3)

La scoliose neuromusculaire

Ce type de scoliose est causée par une pathologie neurologique ou musculaire sous jacente, qui affectent le tonus musculaire et le contrôle postural. Elle peut survenir dans des maladies comme :

La paralysie cérébrale, les atteintes médullaires (ex : spina bifida, poliomyélite) , les myopathies (ex : dystrophie musculaire de Duchenne), ou des maladies génétiques entraînant une dystrophie musculaire...

Une prise en charge pluridisciplinaire est indispensable.(4)

Les scolioses secondaires

Les scolioses secondaires se develloppent suite à une condition médicale sous-jacente (traumatismes, malformations, maladies...). Elles comprennent un bon nombre des scolioses évoquées plus haut.

La prise en charge peut inclure la correction de la cause primaire et ainsi qu'un traitement pluridisciplinaire.

Comment la diagnostiquer ?

Examen clinique

En cas de suspiçion de scoliose votre chiropracteur effectura un examen physique approfondi accompagné de tests orthopédiques afin de répérer d'éventuel signes cliniques.

  • Asymétrie des épaules : Une épaule peut être plus haute que l’autre.
  • Asymétrie des omoplates : L’une des omoplates peut être plus proéminente ou plus haute également.
  • Pli de la taille : Un pli peut être plus marqué d’un côté.
  • Inclinaison du tronc : Le corps peut pencher d’un côté.
  • Test d’Adams : Lorsqu’on demande au patient de se pencher en avant, on peut observer une gibbosité (proéminence d’un côté)
Weiss HR, Goodall D, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Si plusieurs de ces signes cliniques sont observés, votre chiropracteur ou médecin généraliste évoquera la présence d'une “attitude scoliotique”.

À ce stade, cette appellation indique que le patient présente des signes cliniques ci dessus et donc des asymétries. Cependant, il est important de noter que cette asymétrie peut être fonctionnelle et donc réversible, ou bien être structurelle, ce qui correspond à une scoliose.

Interrogatoire du patient

L’anamnèse correspond à un ensemble de questions que nous posons au patient afin d'avancer vers une hypothèse diagnostique. L'objectif est d'identifier les facteurs de risque et de mieux orienter les investigations vers un type spécifique de scoliose (idiopathique, neurologique...).

Symptômes

  • Ressentez-vous des douleurs dans le dos ? Si oui, depuis quand ?
  • Est-ce que la douleur s’aggrave au cours de la journée, après des activités physiques ou des périodes prolongées de station debout ?
  • Avez-vous un essoufflement, lors d’efforts physiques ? 

Âge et croissance

  • Avez-vous eu un développement physique normal pendant l’enfance (croissance, mobilité, douleurs...)
  • Y a-t-il eu un retard de croissance ou un problème particulier pendant l’adolescence ou l'enfance ?

Blessures

  • Avez-vous déjà eu des blessures ou des traumatismes à la colonne vertébrale ou des membres inférieures (accidents, chutes, fracture ...) ?

Activités physiques et habitudes de vie

  • Quelles sport pratiquez vous ?
  • Avez-vous une posture qui vous est inconfortable dans vos activités quotidiennes ?
  • Quels sont vos habitudes de vie ? (travail physique intense, travail en bureau ou à l’école) ?

Antécédents familiaux

  • Y a-t-il des antécédents familiaux de scoliose, de troubles orthopédiques, des maladies connues ou de problèmes de dos dans votre famille ? (Scheurmann, SPA...)
  • Avez-vous des proches (parents, frères et sœurs) ayant déjà été diagnostiqués avec une scoliose ?

Antécédents médicaux

  • Souffrez-vous de maladies neurologiques ou musculaires connues  (la dystrophie musculaire, la poliomyélite, ou des troubles neurologiques...) ?
  • Avez-vous déjà été diagnostiqué avec une maladie qui pourrait affecter la croissance ou la posture (comme la Marfan, le syndrome de Ehlers-Danlos, etc.) ?
  • Avez-vous des antécédents de maladies métaboliques ou hormonales (par exemple, l’ostéoporose) ?

Pour résumer :

L’examen clinique nous permet de détecter d’éventuelles asymétries significatives et d’identifier la présence ou non d’une attitude scoliotique, ce qui aide à formuler une première hypothèse diagnostique.

L’anamnèse, quant à elle, permet de mieux cibler les causes probables de cette attitude scoliotique.

Attitude scoliotique

L’attitude scoliotique peut avoir deux significations distinctes :

- Elle peut désigner l'ensemble de signes cliniques (asymétrie, gibbosités...). Dans ce cas le terme d'attitude scoliotique est utilisé comme une description. 

- Mais attention l'attitude scoliotique ou attitude scoliotique réversible peut également être utilisée comme un diagnostic ! En effet une fois la télémétrie effectuée, le terme d'attitude scoliotique peu également s'utiliser comme un diagnostic pour désigner une déviation posturale réversible sans déformation permanente de la colonne vertébrale, par opposition à la scoliose permanente.
 

Bien que ces deux utilisations soient courantes, le terme d'attitude scoliotique peut donc prêter à confusion pour le patient.

Examens complémentaires

Après avoir établi une première hypothèse diagnostique, passons à la confirmation. Pour cela, des examens complémentaires peuvent être envisagés afin de valider le diagnostic et d’évaluer le degré de l'évolution. Voici les principaux examens qui peuvent être réalisés :

Télémétrie globale ou télémétrie du rachis : 

La télémétrie est l’examen de référence en cas de suspicion de scoliose idiopathique, d’attitude scoliotique ou de scoliose fonctionnelle. Elle permet de distinguer une scoliose structurale d’une courbure réversible. La télémétrie permet également de confirmer la présence de la courbure vertébrale, de mesurer l’angle de Cobb et d’observer la rotation des vertèbres. En cas de scoliose congénitale, elle permet aussi de rechercher des malformations vertébrales structurelles.

 

IRM de la colonne vertébrale

L’IRM est nettement moins prescrite. Elle est généralement demandée après la confirmation de la scoliose par la télémétrie. Elle devient pertinente lorsqu’une scoliose présente une évolution rapide et atypique, en particulier si le patient évoque des troubles neurologiques associés. L’IRM permet alors de rechercher des anomalies spécifiques de la moelle épinière, comme la syringomyélie, qui pourraient expliquer les symptômes. Cet examen est donc particulièrement indiqué en cas d’hypothèse de scoliose neuromusculaire. Un EMG (électromyogramme) ou une prise en charge auprès d'un neurologue peut également être demandé en complément. Elle est également recommandée en cas de scoliose congénitale (IRM médullaire et rachienne)(1) afin de détécter d'éventuelle anomalies congénitales. 

En cas de scoliose sévère avec un potentiel retentissement organique ou viscérale IRM peut également être indiqué. 

 

Scanner (tomodensitométrie)

Dans le cas d’une scoliose congénitale, un scanner peut être prescrit pour obtenir une visualisation précise des malformations osseuses non visibles à la radiographie. Il peut aussi être utile pour évaluer des cas de scoliose idiopathique complexe, nécessitant une exploration plus poussée des structures osseuses.

 

Télémétrie des membres inférieurs

Si seule une télémétrie du rachis a été effectuée en première intention, une télémétrie des membres inférieurs peut être suggérée afin de confirmer une scoliose fonctionnelle, notamment si une inégalité de longueur des jambes est suspectée. Cet examen permet de confirmer ou d’exclure une asymétrie des membres inférieurs.

 

 

La différence entre une attitude scoliotique et une scoliose vrai.

L’attitude scoliotique est une simple déviation posturale, réversible, sans déformation structurelle. On parle de trouble fonctionnel.  

En revanche, la scoliose idiopathique / neuromusculaire / congénitale est une déformation structurelle donc irréversible de la colonne vertébrale, impliquant par une déviation latérale anormale et permanente de la colonne avec une rotation des vertèbres.

Les patients présentant une attitude scoliotique ou une scoliose fonctionnelle présente des caractéristiques visuels semblables à celle de la scoliose classique : 

L'attitude scoliotique est généralement due à des causes externes et réversibles :

- mauvaise posture,

- inégalité de longueur des jambes,

- contractures musculaires,

- des douleurs

- un sport impliquant une utilisation inégale des muscles du dos.

Cette déviation Elle disparaît le plus souvent en position allongée ou lorsque la cause est corrigée.

En cas de scoliose le patient présentera une attitude scoliotique non réversible. Seule la radiographie (une télémétrie par exemple) permettra de confirmer la présence d'une scoliose chez un patient présentant une attitude scoliotique. 

Diagnostique et évaluation de la scoliose

Détection de la scoliose : les enjeux

Détection précoce

La détection précoce de la scoliose présente plusieurs enjeux importants qui peuvent influencer la qualité de vie des patients. Voici quelques-uns des principaux enjeux liés à la détection précoce de la scoliose :

Prévention de la progression de la courbure

Une détection précoce permet d’identifier le type de scoliose à un stade où des interventions peuvent être plus efficaces. Les traitements proposer peuvent alors aider à ralentir ou à stopper la progression de la courbure.

Réduction de la douleur :

Les traitements chiropratiques visent à améliorer la mobilité articulaire et à diminuer les tensions musculaires. Elle a un rôle important dans la gestion de la posture. Les traitements de physiothérapie (kinésithérapie) joue un rôle dans le renforcement musculaire et l'amélioration de la flexibilité, une intervention pluridisciplinaire de la prise en charge jouent donc un rôle essentiel dans l'éducation thérapeutique mais également dans la prise en charge de la douleur.

Amélioration de la qualité de vie :

Les patients qui reçoivent un traitement précoce peuvent avoir une meilleure qualité de vie. Ils peuvent maintenir une plus grande mobilité, éviter des limitations fonctionnelles et participer pleinement à des activités physiques et sociales.

Impact psychosocial :

La scoliose peut affecter l’estime de soi et la santé mentale des adolescents et des jeunes adultes. Une détection et un traitement précoces peuvent aider à atténuer les impacts psychosociaux liés à la déformation corporelle.

Économie de coûts à long terme

La détection précoce et l’intervention peuvent réduire le besoin de traitements plus complexes et coûteux à l’avenir. En traitant la scoliose avant qu’elle ne devienne sévère, on peut potentiellement réduire les dépenses de santé à long terme.

Éducation et sensibilisation

Le chiropracteur donne des conseils posturaux et hygénodiététiques dès le début de la prise en charge. Ces conseils à viser préventive ou curatives ont pour objectif d'aider le patient dans la comprehenssion de son affection et de connaitre les outils qu'il peut mettre en place pour limiter les risques d'apparition de la douleur. 

Suivi et évaluation continus :

Un dépistage précoce permet également un suivi régulier et une évaluation continue de la scoliose, ce qui est essentiel pour ajuster les traitements au besoin et assurer une gestion efficace de la condition.

Limiter le risque de déformation sévère

Une détection précoce permet d’éviter que la courbure ne progresse jusqu’à des niveaux où des complications importantes peuvent survenir. La scoliose sévère peut entraîner des déformations corporelles significatives qui affectent non seulement l’apparence physique, mais aussi la fonction des organes internes, comme les poumons ou le cœur...

En somme, la détection précoce de la scoliose est cruciale pour améliorer les résultats de santé des patients, réduire les complications et améliorer leur qualité de vie globale.

Détection tardive

La détection tardive de la scoliose, bien qu’elle puisse présenter des défis, a également des intérêts  qui ne doivent pas être sous-estimés. Voici quelques points sur l’intérêt de la détection de la scoliose même si elle a lieu à un stade tardif :

Accès à des traitements appropriés :

Même si la scoliose est détectée tardivement, le patient peut bénéficier de traitements adaptés qui peuvent améliorer sa condition. Des options telles que la kinésithérapie, la chiropraxie ou des interventions chirurgicales peuvent aider à soulager la douleur et à améliorer la fonction.

Gestion de la douleur :

La compréhension du processus lésionnel a une importance majeure dans la prise en charge de la douleur. Comprendre l'origine de vos douleurs est donc essentiel afin d'adapter les prises en charge futur et limiter les risques d'aggravation des douleurs.

Éducation et sensibilisation

Il n'est jamais trop tard pour comprendre et apprendre. Même si vous apprenez tardivement la présence d'une scoliose. Il est toujours temps d'apprendre à prendre soin de votre dos. Cela peut inclure des modifications de style de vie, des exercices adaptés...

Amélioration de la qualité de vie :

Les patients qui reçoivent un traitement précoce peuvent avoir une meilleure qualité de vie. Ils peuvent maintenir une plus grande mobilité, éviter des limitations fonctionnelles et participer pleinement à des activités physiques et sociales.

même lorsque la scoliose est diagnostiquée à l’âge adulte, il est essentiel de consulter un chiropracteur. Les adultes souffrant de scoliose peuvent rencontrer des douleurs lombaires et thoraciques, une diminution de la mobilité, et des troubles respiratoires dans les cas avancés. 

La prise en charge de la scoliose diagnostiquée à l’âge adulte dépend de plusieurs facteurs, notamment la gravité de la courbure, les symptômes associés (douleur, mobilité, etc.) et les préférences du patient. Voici quelques recommandations générales pour la gestion de la scoliose chez les adultes :

Les symptômes associés chez l'adolescent

Les examens complémentaires

Evolution et conséquence de la scoliose

L'évolution naturelle de la scoliose chez l'adolescent

Les conséquences à court et moyen terme de la scoliose

Les impactes sur la mobilité et la posture

Les douleurs associées

L'impacte psychologique

Scoliose sévère

Les conséquences à l'âge adulte

Augmentation du risque de douleurs chroniques

Travailler sur sa posture même à l'âge adulte

Vieillissement prématuré de la colonne vertébrale

Les conséquences fonctionnelles

Déséquilibre global du corps et compensation posturale

Hyperpression sur certaines articulations et arthrose prématurée

Dégénérescence discale accélérée

Tensions musculaires asymétriques et fatigue musculaire

Chez la personne âgée, les complications associées

Augmentation de la cyphose lombaire compensatoire

Arthrose des hanches et genoux

Perturbation de l’équilibre et augmentation du risque de chutes

Risque accru de fractures vertébrales (ostéoporose et scoliose)

Perturbation de l’équilibre et augmentation du risque de chutes

Quels sont les traitements de la scoliose ?

La prise en charge précoce

Diagnostic précoce

Surveillance et suivi

Traitement conservateur l'approche pluridisciplinaire

Rééducation en kinésithérapie

Renforcement musculaire

Traitement chiropratique

soulager les douleurs

améliorer la mobilité

Les limites des traitements conservateurs

Le corset

Chirurgie

Environ 0,1 à 0,3 % des cas de scoliose chez les adolescents peuvent nécessiter une intervention chirurgicale, notamment lorsque la courbure devient sévère et progressive

Indication chirurgicale

Les techniques chirurgicales

Résultats attendus et risques associés

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